semeur-de-reves

Une rubrique relevée

Rêve de mariage : deux sujets dans une seule phrase

Deux services figurent dans cette rubrique, et le motif de leur présence est mince : ce qui a été consigné à leur sujet touche aux demandes sentimentales. Aucun des deux n'écrit le mot amour là où sa page résume son activité, et le rêve n'y apparaît pas davantage. La rubrique commence donc par un écart entre ce qu'on vient y chercher et ce qui s'y trouve.

Elle commence aussi par une ambiguïté de langue, qu'il faut lever avant toute lecture : un rêve de mariage désigne deux choses sans rapport, et les deux se formulent presque avec les mêmes mots. Le reste de cette page tient à cette distinction, puis à ce que les traités anciens et la méthode de 1900 font de ce motif, puis à ce que les deux pages examinées en disent — c'est-à-dire rien.

Support de travailCe que le service dit employer : un jeu, un calcul, un thème.
Base de prix publiéeCe qui est facturé, et sur quelle unité : la question, la minute, l’étude.
Plages annoncéesLes horaires, les jours ou le délai que la page indique.
Périmètre déclaréLa zone que le service revendique, s’il en revendique une.
Compte préalableFaut-il s’inscrire avant de poser sa question.

Les fiches relevées

2 services relevés
Page d’accueil de Cabinet Brigitte

Cabinet Brigitte

Voyante et médium à Villefranche-sur-Saône · Non précisé · Non précisé

Le nom d'une ville du Beaujolais figure dans l'intitulé du service, et la ligne du périmètre reste sans réponse. Ce que cette place dit, et ne dit pas.

  • Base de tarification affichée sur la page d'accueil
  • Consultation par téléphone annoncée dans les intertitres
  • Aucune plage horaire indiquée

Grille appliquée

Support de travail
Voyante et médium à Villefranche-sur-Saône
Base de prix publiée
5 montants affichés sur la page, de 10 € à 60 €
Plages annoncées
Non précisé
Périmètre déclaré
Non précisé
Compte préalable
Aucun compte requis
Page d’accueil de Clémence Voyance et bien-être

Clémence Voyance et bien-être

formation hypnose et voyance · Non précisé · Non précisé

L'intitulé réunit une formation et une pratique de consultation, et sept valeurs vont de dix à trois cent soixante euros. Lequel coûte quoi n'est pas écrit.

  • Base de tarification affichée sur la page d'accueil
  • Demande par courriel annoncée
  • Aucune plage horaire indiquée

Grille appliquée

Support de travail
formation hypnose et voyance
Base de prix publiée
7 montants affichés sur la page, de 10 € à 360 €
Plages annoncées
Non précisé
Périmètre déclaré
Non précisé
Compte préalable
Aucun compte requis

Une expression employée pour deux sujets

La noce rêvée, et le songe où figure une noce

Dans un emploi, l'expression nomme un projet de cérémonie : le lieu, la robe, la date, le budget. Dans l'autre, elle nomme une scène survenue pendant le sommeil et dont on se souvient au réveil. Le premier emploi relève de l'organisation d'un événement ; le second relève de la lecture d'un récit. Rien ne les relie, et la proximité des formulations est la seule cause de leur confusion.

Un mélange qui rend toute réponse fausse

Une page qui ne tranche pas entre les deux emplois répond toujours à côté pour la moitié de ses lecteurs. Celle-ci tranche : elle traite le songe, et pas la cérémonie. Qui prépare une fête n'a rien à faire ici, et le dire franchement coûte moins qu'un développement qui conviendrait vaguement aux deux.

Se marier, voir marier : deux positions dans le même récit

Un troisième partage traverse les demandes, et il est interne au songe. On peut y être celui qui se marie, ou celui qui regarde quelqu'un se marier. Les traités anciens notaient déjà la position du rêveur dans la scène, et la tenaient pour décisive. La remarque a une conséquence pratique immédiate : deux récits qui se résumeraient par les mêmes mots — une noce — ne sont pas le même matériau selon la place qu'y occupe celui qui raconte.

Le tri que les anciens faisaient avant d'interpréter

Deux sortes de songes, chez Artémidore

Le traité d'Artémidore de Daldis, rédigé au deuxième siècle, ne commence pas par des significations : elle commence par un tri. L'auteur y sépare le songe qu'il tient pour porteur d'une annonce du rêve qui ne reflète, selon lui, que l'état présent du corps et de l'humeur — la faim, la peur, le désir du jour écoulé. Dans son système, la seconde catégorie ne s'interprète pas du tout. Cette coupure est rapportée ici telle qu'elle figure dans le traité, sans qu'on lui prête aujourd'hui de valeur démonstrative.

Savoir si un rêve est un message : l'épreuve qui n'est pas fournie

La question revient dans presque toutes les demandes de cette famille, et elle est antérieure à l'interprétation. Le traité antique proposait un critère ; il ne proposait aucun moyen de l'appliquer à l'avance, ni de contrôler le résultat après coup. La méthode de 1900 n'en propose pas davantage, pour une raison différente : elle ne tient pas le songe pour une annonce. Aucune des sources citées sur cette page ne permet donc de dire d'un récit qu'il est un message, et aucune des douze pages de ce carnet ne s'y risque non plus.

Le cas du malade, et la dépendance au rêveur

Le même traité rapporte que la noce vue en songe ne se lisait pas de la même façon selon l'état du dormeur, et qu'elle recevait chez le malade une lecture tout autre que chez l'homme en bonne santé — l'auteur rapprochant les apprêts d'une noce de ceux d'un enterrement. L'exemple n'est repris ici que pour sa structure, qui est le point durable du traité : la même image ne porte pas le même sens d'un rêveur à l'autre. Une entrée de dictionnaire fait exactement l'inverse.

Freud, 1900 : la scène vue n'est pas le sens

Récit rapporté et contenu recouvert

L'Interprétation du rêve, publiée en 1900, repose sur une distinction : ce dont on se souvient au réveil n'est pas ce que le songe aurait à dire. Entre les deux, Freud place un travail de déformation qu'il décrit par la condensation de plusieurs éléments en un seul et par le déplacement de l'accent d'un élément vers un autre. La conséquence de méthode est nette et elle est souvent oubliée par ceux qui le citent : dans ce système, la scène visible n'est pas le message.

Rêver de faire l'amour : ce que la méthode interdit d'en conclure

Le motif figure dans les demandes les plus courantes de cette rubrique. Rêver de faire l'amour y est presque toujours compris comme l'expression d'un désir correspondant. C'est précisément la lecture directe que la méthode de 1900 écarte : chez Freud, une scène manifeste ne vaut pas aveu de son contenu, et elle est au contraire ce qui recouvre. On peut rejeter cet appareil en entier ; on ne peut pas l'invoquer à l'appui de la lecture littérale, puisqu'il la refuse.

Rêver que l'on va se marier, dans le même cadre

Que signifie rêver qu'on va se marier reçoit, dans ce cadre, le même traitement : rien ne permet d'en conclure une intention de mariage, pas plus que l'inverse. La seule chose que la méthode demande est le récit complet, avec ce qui l'entoure — la veille, l'humeur au réveil, les détails apparemment accessoires. Rien de cela ne figure sur une page de prestataire, et c'est la limite de source que ce carnet rencontre partout.

Le vocabulaire de la demande, et ses variantes

Rêve d'amour, et ce que l'expression déplace

Un rêve d'amour ne se formule pas comme un rêve de mariage, et la différence n'est pas de degré. La seconde expression nomme une scène identifiable, avec un décor et des témoins ; la première nomme un état affectif, qui peut n'avoir produit aucune image racontable. Les traités anciens ne traitaient que des scènes, parce qu'une scène se raconte ; un sentiment éprouvé en dormant ne laisse souvent qu'une impression au réveil, et l'impression est le matériau le plus pauvre dont une lecture puisse partir.

Du rêve au mariage : l'emploi qui n'est pas celui de cette page

Certaines formulations voisines appartiennent clairement à l'organisation d'une cérémonie, et le passage du rêve au mariage en est l'exemple le plus net : il désigne un projet qui aboutit, pas un songe qui se lit. Un mariage de rêve relève du même emploi. Ces tournures sont écartées ici, non parce qu'elles seraient illégitimes, mais parce qu'une page qui traiterait les deux familles à la fois donnerait à chacune une réponse incomplète.

Amour rêvé et amour vécu : deux registres de récit

Reste un troisième emploi, intermédiaire, où l'expression désigne l'amour qu'on souhaite sans l'avoir. Il n'est pas onirique du tout et pourtant il nourrit une bonne part des demandes adressées aux services de consultation. C'est probablement ce qui explique que les deux pages rangées dans cette rubrique soient des pages de voyance générale et non de lecture de songes : la demande qui les atteint porte sur la vie sentimentale, et le rêve n'y est qu'une façon de l'énoncer.

Une scène de noces n'est pas une prédiction de noces

Il faut écrire la conséquence de tout ce qui précède, parce qu'elle est contre-intuitive. Ni la tradition antique ni la méthode de 1900 ne lisent une scène de noces comme l'annonce d'un mariage : la première fait dépendre la lecture de l'état du dormeur, la seconde refuse par principe la lecture directe de la scène. L'interprétation la plus répandue est donc celle que les deux sources les plus citées écartent, chacune pour ses raisons propres.

Les deux pages rangées ici, et ce qu'elles publient

Cinq montants et une commune, sept montants et une formation

La première page affiche cinq montants, de dix à soixante euros, et son intitulé nomme une commune du nord de Lyon, alors que la ligne du périmètre reste sans réponse. Elle déclare quatre moyens d'entrée en contact, dont trois ignorent toute distance, et une marche à suivre figure dans ses titres intérieurs. La seconde affiche sept montants, de dix à trois cent soixante euros, et son intitulé met côte à côte un enseignement et des consultations. Elle n'annonce pas le téléphone.

Un barème qui tarife deux objets différents

L'écart de la seconde page va de un à trente-six. Une amplitude de cet ordre, sur un barème unique, ne peut pas correspondre à une seule prestation vendue à plusieurs échelons : elle recouvre des objets distincts, ce que son intitulé laisse d'ailleurs attendre, puisqu'il y est question d'apprendre et de consulter. Lequel des deux objets coûte dix euros et lequel en coûte trois cent soixante n'est écrit nulle part dans ce qui a été consigné.

Aucune échéance, comme sur les dix autres

Les deux pages partagent le trait commun des douze : ni l'une ni l'autre n'indique en combien de temps une réponse arrive. Sur une demande sentimentale, qui se pose rarement de sang-froid, c'est l'information dont l'absence pèse le plus. Elle manque ici comme ailleurs, et ce carnet ne la déduit pas d'une mise en relation annoncée comme immédiate, qui porte sur l'accès et non sur la réponse.

Jusqu'où va cette rubrique, et pas plus loin

Un classement qui vient de la lecture, pas des pages

Le rattachement de ces deux services aux demandes sentimentales résulte de ce qui a été consigné à leur sujet, non d'une déclaration de leur part. Aucune des deux ne se présente comme spécialiste de la question amoureuse. Un lecteur qui attendrait de cette rubrique une liste de praticiens du sentiment doit savoir que le classement est le fait de ce carnet.

Un corpus absent, et ce qu'il empêche

Une réponse chiffrée sur la fréquence du motif nuptial dans les récits de songes demanderait un recueil de récits. Ce carnet n'en tient pas et il n'en publiera pas : ce qu'il possède se réduit à douze accueils de prestataires, ouverts une fois, un jour donné.

Le récit, et ce qui s'en perd au réveil

Une dernière limite ne tient ni au carnet ni aux pages : elle tient au matériau. Un songe se défait vite, et ce qu'on en garde quelques heures plus tard est déjà une reconstruction — les formules fortes restent, les circonstances s'effacent, et ce sont les circonstances que les deux sources citées réclament. Qui veut une lecture de son rêve de mariage a donc intérêt à écrire la scène avant de chercher un prestataire, parce qu'aucun des deux services rangés ici ne réclamera ce récit par écrit : aucun formulaire n'est publié de part ni d'autre, et l'un des deux ne propose même pas le téléphone.

Deux pages ne font pas un état du marché

Les comptes de cette rubrique portent sur deux services, et deux services ne décrivent rien d'un domaine entier. Les chiffres donnés sur l'ensemble des douze, eux, reposent sur six points favorables au plus et cinq mentions d'absence au plus par page : une information qui ne figure pas dans ces listes peut parfaitement se trouver sur la page. Cette borne vaut pour toutes les affirmations de ce carnet et il vaut mieux la rappeler ici, dans la rubrique dont l'échantillon est le plus mince.

La réponse que personne ne peut donner d'ici

Quelle est la signification quand on rêve de mariage : la question est claire et elle n'a pas de réponse dans ces pages. Les deux traditions citées la renvoient au récit et au rêveur, le carnet n'a ni l'un ni l'autre, et les deux services rangés ici n'écrivent rien sur le sujet. Un rêve de mariage reste donc, à la sortie de cette rubrique, un récit à écrire au réveil — et le seul endroit où il existe sous une forme utilisable est le carnet de celui qui l'a fait.

Pourquoi ces fiches ne sont pas classées

Un classement réclamerait une échelle commune aux services de cette rubrique. Ils ne répondent pas aux mêmes demandes, et aucune échelle ne tiendrait.

La grille, elle, se contente de poser les mêmes cinq questions à chacun. L’écart se lit sans qu’on ait à l’ordonner.

Le relevé porte sur les pages publiques, et sur elles seules. Les cinq lignes sont posées dans le même ordre pour tous les services, sans notation, sans classement, sans barème. Une case vide est une information absente du site, pas un manquement constaté. La justesse d’une lecture ne figure dans aucune ligne, faute de pouvoir s’observer.